Séance du 27 février 2001

Aspects économiques du viellissement démographique :
scénarios pour l'avenir
 

Président : Antoine Bommier (INED)
Discutante : Marie-Eve Joel  (LEGOS- Université Paris IX Dauphine)


Etude d'indicateurs de santé par CSP et par sexe, Thomas Barnay (GRATICE / Univ. Paris XII-Val de Marne)

Dans quelles mesures un effort accru d'épargne pourrait-il accommoder le vieillissement démographique ?, Sattouf Al-Cheikh Hussein  (ADEPS/Univ. Nancy 2)

Perspectives sur l'évolution du coût de la prise en charge des personnes âgées dépendantes, Vincent Coutton  (INSERM Montpellier /IEP-Paris)
 
 

Programme des ateliers


Etude d'indicateurs de santé par CSP et par sexe

Thomas Barnay (GRATICE / Univ. Paris XII-Val de Marne)

Cette étude s’appuie sur l’exploitation de la partie santé de l’enquête complémentaire INSEE emploi 1996 sur le passage à la retraite et des conditions de vie des individus de plus de 50 ans (1). Elle correspond à la première partie d’une thèse en cours de réalisation (sous la direction de Mme Majnoni d’Intignano, Université Paris Val-de-Marne).

Nous nous plaçons dans une réflexion complémentaire à l’analyse verticale (entre générations) des retraites. En effet, d’autres iniquités, à l’intérieur des générations cette fois, soulèvent de nouvelles problématiques dans le débat sur les retraites. L’étude suivante se propose d’étudier l’iniquité intragénérationnelle des retraités au regard de la mortalité différenciée par CSP et par sexes. La mortalité différenciée peut se décliner en deux termes : quantitatif (différenciation d’espérance de vie par CSP et par sexe) et qualitatif (mesure de la qualité de vie). Nous nous intéressons à ce second volet.

Après avoir fait un rapide survol de la littérature relative aux indicateurs de santé, nous présenterons les quatre indicateurs que nous avons déterminés (handicap, deux indicateurs de dépendance et un indicateur d’accès aux soins). Puis nous montrerons les risques de santé liés à l’exercice professionnel à travers l’étude d’un indice synthétique de santé. Nous pourrons ainsi classer les retraités en fonction de leur état de santé.

Pour ouvrir le débat, nous nous poserons enfin la question de savoir de quelle manière nous pouvons intégrer ces résultats dans la problématique des retraites.

NB : Nous nous intéressons aux retraités de plus de 50 ans. L’étude est réalisée sur trois générations de retraités : La génération enfant (50-64), la génération pivot (65-79) et la génération parent (80 ans et plus). L’échantillon représente 6221 individus. Les indicateurs de santé sont issus de l’exploitation de l’enquête de l’INSEE. Il est important de noter que l’état de santé mesuré est une perception subjective de la réalité puisque les personnes sondées répondent eux-mêmes aux questions (hormis pour l’indicateur de handicap soumis à l’appréciation de l’enquêteur).
 

(1) : L’accès à l’enquête complémentaire INSEE emploi 1996 nous est permis grâce à la direction des recherches sur le vieillissement de la CNAV (avec qui nous avons un contrat de recherche). A cet égard, nous remercions Mme Attias-Donfut, M.Rozenkier et les membres de l’équipe Mme Renaut, M.Ogg, M.Troadec et M.Gallou.
 

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Dans quelles mesures un effort accru d'épargne pourrait-il accommoder le vieillissement démographique ?

Sattouf Al-Cheikh Hussein  (ADEPS/Univ. Nancy 2)

Au premier quart de XXIème siècle, un changement démographique avec des conséquences significatives aura lieu dans des pays industrialisés. Ce changement démographique relativement ample sollicitera les capacités d’adaptation des économies de ces pays. Il convient d’anticiper ces évolutions dès aujourd’hui si l’on veut en limiter les conséquences indésirables.
Dans ce contexte, notre intervention pose les deux questions suivantes :

1. La hausse du taux d’épargne représente-t-elle une solution aux conséquences du " choc " démographique ?
2 .Le fait d’anticiper le choc permettra-t’il d’en limiter les conséquences ?

Elle se base sur un modèle macro-économique néoclassique de croissance dit de CASS -RAMSEY- SOLOW qui permet de délivrer une recommandation normative de politique macro-économique et de discuter des modalités possibles de la stabilisation du produit par tête. Parce que le vieillissement de la population à venir est dû, d’une part, à l’augmentation de l’espérance de vie et, d’autre part, à l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom, notre étude présente les principales dispositions qu’il faudrait adopter à la suite du vieillissement démographique et ce pour deux chocs différents. Dans le premier, le choc résulte de l’allongement de la durée de vie, alors que dans le second il a pour origine la baisse de la natalité.
 
 

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Perspectives sur l'évolution du coût de la prise en charge des personnes âgées dépendantes

Vincent Coutton  (INSERM Montpellier /IEP-Paris)

Le vieillissement de la population constitue l’un des thèmes majeurs du débat public. Il pose des problèmes différents selon qu’il s’agit de retraites, de santé, d’hébergement ou de dépendance. L’émergence d’un nouveau groupe de personnes âgées ayant perdu son indépendance physique, son autonomie cognitive ou son intégration sociale pose des problèmes de plus en plus aigus compte tenu des effectifs et des coûts de prise en charge fortement croissants. La recherche d’une prise en charge efficiente de cette catégorie de population s’impose de plus en plus aux acteurs du système qui doivent recourir à des évaluations et des prospectives sur l’évolution de ces coûts pour prendre les décisions adéquates. Or, aucun instrument n’existe à ce jour pour donner des évaluations prospectives des coûts de prise en charge des personnes âgées dépendantes. Aujourd’hui, les méthodes utilisées sont peu sophistiquées et surtout orientées sur des techniques de simulation d’effectifs de personnes âgées dépendantes, avec notamment l’utilisation des modèles démo-épidémiologiques.

Dans le cadre de mes travaux thétiques, la recherche d’un modèle de projection adapté aux caractéristiques du champ de la prise en charge des personnes âgées dépendantes m’a conduit à envisager une modélisation systémique, à la fois pragmatique et souple conformément aux principes de la modélisation des systèmes complexes, qui repose sur un processus de modélisation en quatre modules : (1) définir le projet, (2) dessiner le modèle, (3) déterminer le comportement du modèle et (4) utiliser le modèle pour en tirer des enseignements ou préparer des décisions. Les deux premiers modules sont à ce jour élaborés et constituent une bonne base de réflexion et de discussion pour aborder les travaux sur les deux modules suivants.
 

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